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Un beau dimanche de novembre parfait pour une promenade dans un coin de Hainaut. Au départ d’Ormeignies, nous partons à six sur les chemins de campagne, avec nous, trois marcheurs qui vont trop vite pour vraiment profiter du paysage, deux qui parlent beaucoup mais qui savent s’arrêter pour admirer la nature. Et moi qui m’arrête devant tous les animaux que je rencontre. Notre première rencontre, un cheval bai un peu maigre mais sympathique, sa prairie n’est pas très fournie alors je me charge de lui donner un peu d’herbe fraîche qui vient de l’autre côté de la clôture (là où c’est toujours meilleur). Je lui donne toutes les touffes d’herbes grasses que je trouve sur le chemin, je vais même un peu plus loin pour venir lui en rapporter.
Mais un peu plus loin c’est une belle jument grise qui se dit qu’elle aurait probablement à y gagner à venir me dire bonjour. Je continue donc ma récolte d’herbes fraîches pour la demoiselle grise alors que je fais mes adieux au petit cheval brun. Quand j’ai eu terminé, mes cinq amis promeneurs étaient déjà bien loin. Pas grave, moi, je me suis fait de nouveaux amis et puis de toute façon je fini toujours par les rejoindre... à moins que ce ne soit eux qui m’attendent.
Le vent souffle et fait mal aux oreilles, on arrive à la sortie d’un village (Moulbaix) quand on aperçoit cette vision macabre, sur le long de la route deux arbrisseaux qui n’avaient probablement jamais demandé à être complice de telles atrocités, se retrouvaient décorés de lugubres cadavres de taupes accrochés par des ficelles.
Il y en avait bien une dizaine pendues là, les malheureuses avaient dû installer leurs abris sur le territoire d’un fou hanté par la présence de petit tas de terre dans son beau jardin ? Mais pourquoi ?
On connaissait les vieilles traditions qui faisaient clouer de pauvres chouettes aux portes pour chasser les mauvais esprits. Mais n’est-ce pas une pratique que l’on attribue aux hommes du Moyen-Âge... limite jusqu'à la fin du 19ème siècle.
La personne qui a pendu ces taupes n’allait quand même pas croire qu’en les pendant à l’entrée de son village, elle allait réussir à faire fuir toutes les autres ? Cela pouvait encore parfois dissuader les voleurs et meurtriers d’entrer dans un village quand des pendus montraient l’accueil qu’on réservait aux criminels... et encore.
Non je ne vois vraiment pas l’utilité d’exhiber ces pauvres petites bêtes qui ne font qu’essayer de vivre dans ce monde que les hommes estiment hélas toujours être leur propriété.
Nous avions prévu de manger un peu après ce village mais cette vision nous a fait perdre un peu l’appétit et nous avons continué sur plusieurs kilomètres avant de nous décider à pique-niquer.
Une fois nos estomacs remplis nous avons repris la route et voilà qu'un chien roux plein de puces se met sur notre chemin, puces ou pas puces, ce chien a l’air vachement sympa il n’en faut pas plus pour que je me mette à le gratouiller de partout, le chien content fini par s’asseoir, et finalement se retrouve complètement couché avec la patte « reflex gratouille » qui vient aider ma main à savoir quel rythme, elle doit prendre. (je suis sûre que vous avez tous déjà vu une patte « reflex gratouille s’agiter quand vous caressez un chien ou l’autre).
On retrouve un autre cheval blanc, très en forme qui a encore plein d’herbe grasse dans sa prairie.... du coup ça ne sert à rien d’essayer de l’attirer avec de l’herbe… ah si seulement j’avais une carotte… Mais le cheval vient quand même à notre rencontre et comme je n’ai rien à lui offrir à manger je me contente de lui gratouiller la crinière ce qu’il a l’air d’apprécier … plus ou moins, mais on dirait qu’il aime surtout jouer et Céline s’amuse à lui faire des grimaces pendant que je les prends tous les deux en photo.
Une petite vache qui habite à côté semble avoir des démangeaisons dans le derrière à force de se gratter contre l’écorce d’un arbre... Ca y est on a encore perdu les trois grands marcheurs qui ne s’arrêtent jamais et cette fois c’est sûr on ne les rattrapera pas. Car un peu plus loin deux petits cadichons tout mignons auront encore raison de nous. Pas moyen de ne pas s’arrêter, l’un d’entre eux (celui qui s’emblait le plus content de nous voir) avait des sabots un peu trop long qu’il faudrait bien parer un jour ou l’autre mais est-ce que les propriétaires des ces petits ânes étaient au moins au courant qu’avoir des ânes ne signifie pas uniquement leur donner une prairie mais aussi de devoir les soigner et entre autre faire venir un maréchal ferrant pour leur couper les ongles...
Enfin laissons leur le bénéfice du doute peut-être le savent-ils c’est juste qu’ils mettent un peu trop de temps pour le faire. Il est vrai que Bintje (mon cochon d’Inde) a parfois ses ongles bien long avant que je ne les lui coupe mais c’est pour être sûr de ne pas lui couper plus que ces petites griffes.
Voilà la promenade s’achève les trois marcheurs nous attendent depuis vingt minutes près des voitures. Sur le chemin du retour on repasse devant le petit cheval bai alors que son maître lui donne une bonne brassée de foin, en voilà un qui va être content ! Tiens à propos de collation, nous voilà à Huissignies pour prendre des cookies home made de ma sœur autour d’un petit café, d’un thé d’un milk-shake ou d’une bonne bière au choix… Jolie promenade mais quand même … pauvres petites taupes.
Ann Nicolaï